Rock la Kasbah

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Après trois jours passés à arpenter Marrakech et sa médina rouge, je continue mon road-trip en direction du nord pour découvrir Fès, deuxième étape de mon voyage. Coincée entre les montagnes du Moyen-Atlas et la chaîne du Rif, Fès est réputée pour son impressionnant quartier des tanneurs, le travail de ses artisans, les murs ocres de ses remparts, sa médina classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO et son passé de “Ville Impériale”.

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JOUR 4, L’ARRIVÉE À FES

LE TRAIN DU BOUT DU MONDE

Il est à peine midi lorsque Célia et moi arrivons à la gare de Marrakech, dans la ville nouvelle. La gare est clean, elle respire le neuf. Le contraste est saisissant par rapport aux ruelles pittoresques de la Médina. En face, sur la façade d’un immeuble se trouve l’imposante oeuvre de street-art d’Hendrik Beikirch, représentant un artisan marocain. Aujourd’hui, huit heures de train et de multiples arrêts à Rabat, Casablanca, Meknès ou Volubilis nous attendent avant de rejoindre Fès.

Le train au Maroc, c’est un joyeux bordel. Les enfants hurlent, les femmes parlent fort, les hommes regardent des vidéos YouTube sans écouteurs. Un employé de l’ONCF, la compagnie nationale ferroviaire, passe de wagon en wagon en poussant devant lui un lourd chariot remplis de friandises et de boissons pétillantes. Je me colle à la fenêtre pour profiter de l’air que procure la climatisation, essayant de faire abstraction de l’homme qui, assis derrière moi, tapote frénétiquement du bout des doigts sur sa tablette et fait tressauter mon fauteuil. On traverse des paysages arides, désertiques et relativement plats. La végétation est rarissime, faite majoritairement de cactus. Le long de la route, des hommes transportent des marchandises à dos d’âne. On s’arrête dans des gares au beau milieu de nulle part qui n’ont rien d’autre pour elles que le nom de « gare ». Parfois des enfants se mettent à courir à côté du train en adressant de larges signes à ses occupants.

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Il nous faut quatre heures pour atteindre Casablanca où le train se remplit. A Rabat, certaines personnes se retrouvent contraintes à voyager debout par manque de place. Il est vingt heures lorsque nous entrons en gare de Fès. La nuit est tombée. Nous suivons le flot de voyageurs à la recherche d’un bus pour nous conduire aux portes de la médina de Fès El-Bali et gagner notre point de chute, le Riad Layalina.

Mon premier contact avec Fès El-Bali est chaotique. Lorsque nous descendons du bus au pied de la porte Boujloud, Célia et moi nous rendons compte que Google Maps n’a pas téléchargé l’itinéraire pour atteindre le riad en mode hors connexion. Nous nous retrouvons au coeur de la Médina sans plan, démunies. A cet instant, Célia accepte l’aide de l’un des habitants fassis. On le suit bon gré, mal gré tandis qu’il nous entraine à travers un dédale de ruelles étroites et mal éclairées – dans les séries TV, c’est là que la fille se fait égorger… Je suis loin de faire la maligne car la médina de Fès El-Bali est un véritable labyrinthe ! Cependant notre nouvel ami finit par nous mener à bon port, sans oublier de réclamer son dû – 30 dirhams, le prix d’un paquet de cigarettes – car comme je l’ai déjà dit, tout se monnaie. Mais je reste bloquée sur cet échec et c’est dans cet état d’esprit que je débute mon séjour à Fès : sur mes gardes.

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JOUR 5

FES EL-BALI, PREMIERES IMPRESSIONS

Le lendemain, je ressens encore un certain malaise en repensant à l’épisode survenu la veille au soir. Célia me semble beaucoup plus détendue aussi je tente de passer à autre de chose et de profiter de la quiétude offerte par le riad Layalina. Le patio est orné de zelliges. Une fontaine, où les oiseaux viennent s’abreuver, trône en son centre. Je me dévisse le cou pour observer les plafonds sculptés et m’imprégner de tous les détails qui font le charme du lieu.

Lorsque nous quittons le riad pour découvrir la médina, le contraste est saisissant. Je me retrouve projetée dans un enchevêtrement de ruelles animées aux murs ocres. Les commerçants fassis installent leurs marchandises. Des hommes, menant des ânes sur le dos desquels sont accrochés de lourdes charges, se fraient un chemin dans la foule en criant « Balek » – attention ! Des enfants portant des cartables plus grands qu’eux et vêtus de blouses blanches prennent le chemin de l’école. Dans le souk, les gens discutent, s’interpellent et négocient. Une commerçante fait cuire de la pâte filo sur une plaque usagée. Des femmes se pressent pour acheter des pains marocains – msemen, batbout et kobzh dar. On jette des regards curieux lorsque les portes des mosquées s’entrouvrent ou dès que nous passons devant l’atelier d’un tisserand affairé.

Peu à peu, je me détends et me défaits de l’épisode de la veille – j’ai vraiment eu la trouille. J’en viens à apprécier Fès El Bali. Si les ruelles sont étriquées, il est en revanche facile de s’y repérer car la vieille ville est traversée par deux longues avenues commerçantes parallèles de la porte Boujloud à la place R’cif. A cause de la taille des ruelles de la Médina – bâtie au 8ème siècle et extrêmement bien conservée – aucune voiture ne peut circule dans la ville, cela rend sa découverte très agréable – les ânes ne comptent pas.

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Mais ce qui fait la réputation de Fès, c’est le quartier des tanneurs, situé en périphérie de la vieille ville et à deux pas de l’Oued Boukhared. Lorsque nous parvenons à proximité des tanneries Chouara, un rabatteurs nous interpellent afin de nous servir de guide. Il est sympathique et pas trop pressant, aussi nous acceptons sa proposition. Il nous mène dans l’arrière-boutique d’un maroquinier qui dispose d’une immense terrasse donnant sur les tanneries. Je m’approche de la balustrade. J’ai entre les mains un brin de menthe afin de masquer l’odeur de l’ammoniac. Le spectacle des tanneurs est à couper le souffle. Les tanneries forment une enclave au sein de la Médina, entourées de cafés, de commerces, de terrasses et d’habitations. A moitié immergés dans les cuves, les tanneurs empoignent à pleines mains les peaux chèvres, chameaux et moutons pour les nettoyer, les sécher puis les teindre. Sur les toits situés en contre-bas des terrasses, des peaux teintes en jaune sèchent.

En fin de journée, nous allons nous assoir sur les marches de la place Boujloud pour observer la scène qui s’y déroule : lieu de rencontre, stands de pêche à la ligne faite de bouteilles de Coca-Cola, vendeur de jus de fruits et enfants courant dans tous les sens plantent le décor tandis qu’au loin, derrière les remparts ocres, le soleil décline.

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JOUR 6

LES SECRETS DE LA CUISINE MAROCAINE

Après un petit-déjeuner gargantuesque composé de café – le café, c’est la vie – jus d’oranges pressées, pains marocains, oeufs brouillés, fruits frais et confiture en tout genre, Célia et moi regagnons la médina pour prendre un cours de cuisine marocaine au Café Clock. Le Café Clock est une chaîne de restaurants atypique, recommandée par le Lonely Planet. La cadre est moderne, le service jeune et la clientèle très européenne. Chaque soir, des animations sont proposées comme la venue d’un conteur, diffusion d’un film… Durant la journée, il est possible d’y prendre des cours de langue, d’apprendre la calligraphie et de s’initier à la cuisine marocaine.

Nous retrouvons l’un des cuisiniers du café pour une initiation de trois heures. Il nous propose une carte dans laquelle nous sélectionnons les entrées, plats et desserts que nous souhaitons préparer. Célia et moi optons pour une mousse d’aubergines et une harrira, soupe traditionnelle marocaine, en entrée. Pour le plat principal, nous décidons de cuisiner un tajine de poulet au citron confit avant de terminer par une salade d’oranges fraîches à la menthe et à la grenade. Puis nous filons en direction du souk acheter les ingrédients nécessaires à la réalisation de ces plats. Et là, c’est OPEN BAR ! A chaque étale, le Chef nous propose de goûter des olives, des fruits confits, des figues de Barbarie et des petits pains. Tout se passe super bien, jusqu’au moment où le Chef nous emmène acheter notre poulet… Nous parvenons devant l’étale d’un commerçant fassi. Sur le sol, plusieurs dizaines de poulets caquètent. L’homme en saisit un et le dépose sur une lourde balance un peu rouillée. Il échange quelques mots avec le Chef. Ce dernier hoche la tête. Le commerçant fassi s’empare d’un couteau et discrètement zigouille la nuque de la pauvre bête… Célia et moi échangeons un regard écoeuré : on aurait du choisir un tajine végétarien.

De retour au Café Clock, nous nous installons dans une cuisine aménagée, dédiée uniquement à la préparation des cours. Aux côtés du Chef, on s’active en suivant ses recommandations. Les aubergines grillent sur le feu, Célia se prend de passion pour hacher le persil, je mélange les ingrédients nécessaires à la soupe. Le Chef goûte, nous fait signe de rajouter des épices pour assaisonner ou du Smen, un beurre rance et salé qui dégage une forte odeur de Roquefort. Il nous faut un peu plus d’une heure pour concocter l’ensemble des plats et passer à la dégustation. Dans l’ensemble, j’ai apprécié ce cours de cuisine cependant j’aurais aimé cuisiner davantage car le Chef nous a beaucoup montré comment faire mais s’est occupé d’une bonne partie de la popote… La Maïté qui sommeille en moi était très frustrée.

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Dans l’après-midi, nous reprenons notre découverte de Fès en nous aventurant au-delà des remparts jusqu’aux Tombeaux des Mérinides. Situés sur la colline d’El Qolla, les tombeaux dominent Fès El Bali et la Mellah, le quartier juif. Depuis ce point de vue, je distingue aisément la mosquée et la médersa tandis que de l’autre côté, une vue superbe sur la montagne environnante s’offre à moi.

C’est ici que s’arrête le récit de deux jours passés à Fès, au coeur de son effervescente médina. Après une dernière nuit au Riad Layalina, j’ai pris la route le lendemain pour Chefchaouen, la ville bleue, petite escale de mon road-trip avant Tanger. Mais ça, c’est encore une autre histoire.


INFORMATIONS PRATIQUES

Comment se rendre à Fès ?

Depuis Marrakech, le bus et le train permettent de rejoindre Fès. Les trajets sont longs, entre 7 et 8 heures, mais peu coûteux. Pour le train, vous pouvez consulter le site de l’ONCF, la compagnie ferroviaire nationale. Si vous réservez un voyage en deuxième classe, attention, les sièges ne sont pas attribués. Les billets de bus s’achetent en ligne auprès de la compagnie CTM. Si vous voyagez avec des valises, il faudra vous rendre à la gare routière 30 minutes avant le départ du bus pour les enregistrer et les déposer en soute. Les bagages sont facturés au poids.

Où séjourner à Fès ?

J’ai eu un énorme coup de cœur pour le magnifique riad Layalina. Il dispose d’un patio agrémenté de zelliges et d’une piscine dont on peut profiter nuit et jour – ce n’est pas une blague. Son emplacement est également très pratique, au cœur de la médina de Fès.

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