Tayrona ou le livre de la Jungle

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Mon carnet de voyage en Colombie nous emmène au nord du pays sur la Côte Caraïbe. Après une arrivée mouvementée la veille dans la station balnéaire de Santa Marta et une nuit agitée en hostel, c’est aux aurores que Celia et moi mettons le cap sur le parc national de Tayrona, une réserve naturelle protégée aux abords de la Sierra Nevada de Santa Marta. Retour sur vingt-quatre heures coupées du monde. Enfin presque…

Il est un peu moins de six heures lorsque nous quittons en silence l’hostel North Bay. Je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit. La faute au vent tempétueux qui s’engouffrait sous le toit de l’auberge et au groupe de français qui semblait avoir décidé que le meilleur endroit pour refaire leur soirée se trouvait être devant la porte de notre chambre. Le soleil se lève à peine sur Santa Marta mais les rues sont animées. Elles résonnent du bruit des taxis et des commerçants affairés. Nous arrivons devant la station de bus du Mercado Público où un homme nous demande : « Tayrona ? » Nous lui donnons nos sacs à dos allégés d’une partie de nos affaires laissées à l’hostel puis grimpons dans le bus où je m’endors illico-presto #SuperPouvoir.

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Lorsque j’ouvre les yeux une heure plus tard, une pluie diluvienne s’abat sur notre autocar. J’attrape la jambe de Celia : « No way ! On ne dort pas là ! On rentre ce soir ! ». Celia me regarde complètement décontenancée. Son petit air triste me signifie : « Siiiiii ! Moi je veux dormir en tente. Je ne l’ai pas trimballé depuis Paris pour ne pas l’utiliser. » Bon, pas de panique, la météo peut encore s’arranger… Et dans le pire des cas, nous avons glissé dans nos sacs nos ponchos de pluie, achetés cinq euros à Décathlon, dignes du parc Astérix. Quinze minutes après, le bus s’arrête à El Zaino, l’entrée située la plus à l’Est du parc. Quelques couples de backpackers se sont réfugiés sous un hauvent de fortune en attendant la fin de l’averse. À côté, un groupe de jeunes colombiens d’une vingtaine d’années en tongs, shorts et débardeurs tente de faire bonne figure. L’eau ruisselle le long de la route. À huit heures, le parc finit par ouvrir. Nous nous glissons dans la file d’attente pour payer le droit d’entrée et réserver un emplacement d’une nuit à Arrecife.

Nous nous enfonçons dans la forêt le long d’un chemin de randonnée fait de pilotis jonché de racines d’arbres centenaires. Très vite, nous transpirons à grosses gouttes. L’atmosphère est lourde et humide, la chaleur difficilement supportable. Les fourrés bruissent sur notre passage, sans doute des lézards en train de se carapater. Le cri des oiseaux résonnent. Je guette la présence d’un singe dissimulé dans les arbres. Le chemin est loin d’être plat. Ça grimpe, ça descend, je glisse sur des monolithes de granite et le bois mouillé, me raccrochant in-extrémiste aux rochers et lianes qui jalonnent mon chemin. La terre est boueuse. Mes chaussures Lowa ? Sans doute mon meilleur achat de l’année. Après une petite demi-heure de marche dans la jungle, à travers un camaïeu de vert et de brun à n’en plus finir, Celia soupire : « Bon, ce serait pas mal un petit panorama là ! ». Cinq minutes plus tard, son voeu est exaucé. La mer des Caraïbes s’étend devant nos yeux : sombre et forte. On reprend notre chemin, passant à travers une première plage où la mer s’agite. La baignade est interdite. Un panneau nous annonce sèchement : “100 personnes ont trouvé la mort ici. Ne faites pas parti de ces statistiques.” Euh…. Ci-mer…

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On s’engouffre dans la mangrove où les arbres prennent racine dans le sable humide quand soudain je stoppe net. Celia manque de me foncer dedans. Devant nos yeux, assis seul sur un tronc d’arbre, un enfant de la tribu Kogi joue en solitaire. Je le reconnais facilement : les traits de son visage sont plus typés et il porte la traditionnelle tenue blanche – ou qui fut un jour blanche – des membres de la tribu. Les indiens de la tribu Kogi peuplent depuis plus de cinq cent ans la forêt de la Sierra Nevada de Santa Marta. Ils sont les descendants du peuple Tayrona qui a en grande partie été exterminé lors de la conquête espagnole du 16ème siècle. Aujourd’hui, les Kogis ont conservé leurs modes de vie ancestrales et leurs traditions même s’ils ont dû, par la force des choses, s’adapter aux contraintes de la société moderne. Stéphane Bern, sors de ce corps ! #Secretdhistoire

En silence, nous reprenons notre marche. Cette rencontre me laisse béate. Mais pas pour très longtemps puisque nous atteignons enfin Arrecife et notre campement où nous déposons nos sacs. Sans perdre une minute, nous nous remettons en route direction La Piscina, une première plage protégée par une barrière de corails à trente minutes de marche d’Arrecife puis la très célèbre Cabo San Juan. Avec ses palmiers, son sable fin, ses monolithes de granites émergeant de l’eau et ses tonalités azures, la plage n’a pas volé sa réputation. On ne résiste pas à l’envie de piquer une tête ! Celia sort son hamac et se met à la recherche de deux cocotiers situés à une distance raisonnable afin de pouvoir l’installer. Depuis deux semaines, elle regarde des vidéos YouTube pour apprendre à faire les noeuds de marins les plus résistants qui soient. Je lui rappelle avec malice que neuf personnes meurent chaque année d’une chute de noix de coco inopinée. Elle hausse les épaules tandis que dix secondes plus tard l’une d’entre elles se détache pour tomber à ses pieds. Grand moment de solitude.

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Entre midi et deux, on se rue au restaurant. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir acheté dans un supermarché Exíto des knackies en conserve, du pain de mie, une mangue et des barres de céréales. Mais là, tout de suite, maintenant, notre repas de fortune nous semble peu alléchant. À la place, nous dégustons un plat à base de poisson grillé accompagné de galettes de bananes plantains – en Colombie, la banane est considérée comme un légume – et de riz à la coco. En parlant de coco, il ne nous a pas fallu longtemps pour nous rendre compte que le sport national sur Tayrona consiste à dénicher une noix de coco, l’ouvrir, boire son eau et manger sa chaire. Et là encore, tout le monde n’est pas égo ! Si certains sont armés de couteaux de compétition – et de bouteilles de rhum – d’autres tentent de fendre la cosse à coup de pierre. Pour sa part, Celia jubile. C’est l’occasion rêvée pour elle de dégainer son opinel ! Mike Horn n’a qu’à bien se tenir… Bien que sceptique, je la regarde farfouiller entre les palmiers pour dénicher la coco de ses rêves.

En fin de journée, Celia, sa noix de coco à moitié extraite de sa cosse – je lui donne 48 heures pas plus sur Koh Lanta – et moi retournons à Arrecife planter notre tente, gonfler nos matelas Thermarest, sortir nos duvets et profiter d’une douche bien froide. Vis ma vie de Robinson Crusoé. Nous nous sommes dénichées un coin tranquille, à l’écart des quelques campeurs déjà présents. Les meufs pas du tout sociables, ce que ne manquera pas de nous faire remarquer l’un de nos voisins du jour, sourire aux lèvres. Nous commençons à sortir Padattente – le petit nom donné à notre tente – de son étui. A quelques mètres de nous, un autre couple s’installe. En comparaison, ce couple c’est l’équivalent du Blond de Gad Elmaleh version camping. Tandis que Mister Camping déblaie le sol à coup de balais et installe sa tente en quelques secondes chrono, Miss Camping suspend sa corde à linge et son hamac. Pour notre part, Célia et moi nous sommes vaguement contentées de dégager les cailloux de notre emplacement. J’ai défoncé une sardine en l’enfonçant dans le sol sec à coup de noix de coco. Une fois installée dans le hamac, mes fesses touchent le sol et quand Célia a finalement fini par ouvrir sa coco, cette dernière était pourrie… Un bilan pas bien brillant.

Il est dix-huit heures lorsque la nuit tombe sur le parc. Encore une fois, l’idée de dîner nos knackies en boîte nous rebute. On opte pour le restaurant du camping, un club sandwich au poulet et une bière Club Colombia. Nous décidons de rester une journée de plus dans le parc de Tayrona – afin de laisser à Celia une chance de prendre sa revanche sur les noix de coco – avant de poursuivre notre route jusqu’à Tolú.

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MES CONSEILS POUR ORGANISER VOTRE SEJOUR DANS LE PARC DE TAYRONA

Comment se rendre dans le parc  national de Tayrona ?

Depuis Santa Marta, il vous faudra prendre un bus. Le terminal de transport se trouve au pied du Mercado Público. Le trajet dure environ une heure et quart. Les premiers bus partent dès cinq heures et demi. Il y a des liaisons tous les quarts d’heure. Un trajet en bus coûte 7 000 COP par personne. Il est aussi possible de rejoindre directement la plage de Cabo San Juan en bateau depuis la plage de Taganga située à quinze minutes de Santa Marta.

Où dormir dans le parc national de Tayrona ?

Les infrastructures touristiques sont accessibles depuis El Zaino, l’entrée la plus à l’Est du parc. Deux lieux sont recommandés aux voyageurs : Arrecife et Cabo San Juan. Sur place, les prestations varient de l’ecolodge à la nuit en hamac. Ces derniers sont dotés de moustiquaires. Pour notre part, nous avions amené une tente. L’emplacement coûte 37 000 COP. Ce fut la nuit la plus économique de notre voyage. Il est aussi possible de louer une tente sur place.

Comment atteindre les lieux d’hébergement ?

A l’entrée du parc, une navette transporte les voyageurs au début du sentier de randonnée. Le trajet coûte 3 000 COP par personne. Ensuite, il vous faudra une heure pour atteindre Arrecife et deux heures pour rejoindre Cabo San Juan. Le chemin est fait de pilotis mais ça grimpe sacrément par endroit. Pensez à prendre de bonnes chaussures ! Par ailleurs, il est aussi possible d’atteindre les campements à cheval.

Quels sont les prix pratiqués dans le parc ?

Le prix d’entrée du parc, à la date du 01 mars 2017, est de 45 000 COP par personne. Le parc ouvre dès huit heures. Sur place, on trouve des restaurants et de petites épiceries à Cabo San Juan et Arrecife. Le prix d’un repas varie entre 25 000 et 35 000 COP par personne. Ne vous attendez tout de même pas à un festin. Je vous recommande d’acheter des bidons d’eau avant votre entrée dans le parc.

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Parc Naturel Tayrona en Colombie - Marguerite & Troubadour

11 Commentaires

  1. 26 mars 2017 / 19 h 25 min

    Oh comme ça a l’air beau! ça a dû être une super expérience!

    • Laurélen
      2 avril 2017 / 11 h 38 min

      Bonjour Manon !
      Pour un premier voyage en Amérique du Sud, je n’aurais pas pu rêver mieux. C’est à l’heure actuelle l’un de mes plus beaux voyages.
      A bientôt !

  2. 27 mars 2017 / 9 h 33 min

    les photos sont vraiment magnifiques en tout cas !!

    • Laurélen
      2 avril 2017 / 11 h 37 min

      Merci Marie pour ton message.

  3. 27 mars 2017 / 11 h 16 min

    ah ah ah j’ai adoré les anecdotes ^_^. L’histoire ne dit pas si Célia a fini par manger sa noix de coco ? Je suis en haleine de savoir !! hihihi
    (pourtant knacki / noix de coco ca le fait non ?)
    Et c’est vraiment une chance de réussir à s’endormir n’importe où. Mon mec est pareil… moi pas du tout…. et je l’envie énormément !

    • Laurélen
      2 avril 2017 / 11 h 39 min

      Bonjour Céline,
      Célia est pareil. Pour s’endormir, il lui faut du calme et l’obscurité quasi-totale. Je mesure bien ma chance car si je n’ai pas mes huit heures de sommeil, je deviens insupportable et je ressemble à un zombie avec les yeux injectés de sang ^^” Trop glamour !!

  4. 27 mars 2017 / 17 h 35 min

    C’est un peu l’image qu’on se ferait du paradis non? 😀 Je ne sais pas pour les autres, mais moi ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attends quand je pense à la Colombie. C’est surprenant et sublime!!!!

    • Laurélen
      2 avril 2017 / 11 h 37 min

      Hello Cindy,
      Vraiment ce pays est d’une diversité de paysages folles, entre plages paradisiaques, jungles, villes immenses, vallées brumeuses et montagnes ! Chaque lieu est une véritable surprise et mes photos ne leur rendent pas assez justice. 🙂

  5. 28 mars 2017 / 16 h 55 min

    Encore des images magnifiques et des anecdotes commen j’aime en lire!
    Vivement la suite!

    • Laurélen
      2 avril 2017 / 11 h 34 min

      Merci Céline ! Tes commentaires me font toujours bien plaisir 🙂

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