Tour de l’Islande à vélo : Aurélie partage son expérience en solo !

Au mois d’Août 2017, pendant mon voyage en Amérique du Sud, j’ai suivi la passionante aventure d’Aurélie Gonet. Aurélie s’est lancée un grand challenge : faire le tour de l’Islande à vélo et en solo. Cinq semaines de voyage relatées sur sa page Facebook “Direction l’horizon”, 1500 kilomètres parcourus, des conditions météo parfois difficiles, des instants de découragement mais une détermination et un enthousiasme sans faille qui lui ont permis de se dépasser et d’accomplir ses rêves ! Alors aujourd’hui, je suis ravie de vous proposer cette interview qui vous fera – peut-être – découvrir cette jeune femme inspirante et motivante. Bonne lecture !

Aurélie, en août 2017, tu es partie en solo traverser l’Islande à vélo. Ton voyage m’a passionné ! Mais en fouinant sur internet, je me suis aperçue que ce n’était pas ton premier fait d’armes. Tu as rejoint Edimbourg à vélo depuis Londres, tu es partie à Rome pour courir un marathon et d’ailleurs, tu as remis ça en Islande avec le marathon de Reykjavik en août. Comment décrirais-tu ton style de voyage ?

​Il y a 3 ans, mon premier voyage à vélo, Londres-Edimbourg, était un défi personnel. Cela faisait plusieurs années que mon entourage me disait que je ne pourrais pas réussir ce type de périple car je ne faisais pas de vélo et que je n’étais pas sportive. Le jour où j’ai débarqué à Londres avec mon vélo, j’avais une vague idée de mon itinéraire car j’avais identifié des villes que je voulais visiter mais pour le reste, c’était l’inconnu. Je ne savais pas combien de kilomètres j’étais capable de rouler par jour, je ne savais pas si faire du vélo allait me plaire, je ne savais pas si j’allais réussir à atteindre Edimbourg… Et finalement c’était très bien comme ça car je n’avais aucune pression.

J’avais vu sur une carte qu’Edimbourg était à 600km environ, je m’étais dit que je roulerais maximum 500km car cela me paraissait déjà énorme. Et finalement, j’ai roulé à mon rythme, j’ai découvert la liberté, j’avançais un peu chaque jour en zigzagant de villes en villes, j’ai pris deux fois le train sur de petites portions qui m’intéressaient moins, pour rouler au total 700km et arriver à Edimbourg.

En rentrant du voyage, tout me semblait possible et je me suis inscrite à mon premier marathon, Rome, qui avait lieu huit mois plus tard. Et encore une fois, à mon rythme, tant bien que mal mais avec beaucoup d’enthousiasme, j’ai fini par franchir la ligne d’arrivée, en 6 heures. Mon arrivée à Edimbourg et mon arrivée sur la ligne du marathon de Rome font partie des plus beaux jours de ma vie. Alors c’est vrai que maintenant lorsque je pense à un voyage à vélo, je regarde s’il n’y a pas un marathon à faire au passage.

Donc malgré moi mon “style de voyage” s’est naturellement orienté vers la nature grâce à la liberté qu’offre le vélo et vers le sport avec le marathon.

blog voyage islande à vélo

Le 16 Juillet 2017, tu t’es lancée sur les routes de l’Islande à vélo pour un itinéraire de 1500 kilomètres. Comment est né ce projet et comment se prépare-t-on pour une telle aventure ?

Début 2017 je me disais qu’il fallait que je refasse un voyage à vélo. Je voulais quelque chose de plus “difficile” que le Londres-Edimbourg, pour voir ce que j’avais dans le ventre 🙂 Et j’avais vraiment besoin de nature.
En février, un copain m’a parlé de l’Islande, on a regardé des photos sur internet ensemble et bingo, il y a avait tout : la distance était parfaite pour la durée de mon congé d’été, la nature magnifique, le vent et la pluie apportaient de la difficulté, l’idée de faire le tour de l’île me plaisait et je n’y étais jamais allée…​ La destination était choisie.
Étape 1 : j’ai pris mes billets d’avion dans la foulée. Il n’était plus question de rebrousser chemin.
Etape 2 : j’ai tout de suite su que le matériel que j’avais n’était pas assez robuste. J’avais un vieux VTT, pas assez de sacoches, pas d’affaires de bivouac et je ne savais toujours pas réparer une roue en cas de crevaison ou autre. Donc je n’ai pas fait de préparation physique, mais de février à juillet j’ai consacré un temps considérable à chercher un vélo qui conviendrait à mon périple (et quand on n’y connait rien, c’est la jungle), j’ai cherché beaucoup d’infos pratiques sur le pays (taux de change, liste des campings, sites remarquables, pistes à emprunter…). La plus grande prise de tête était de savoir comment emmener le vélo à l’aéroport et surtout comment transporter le vélo en avion.
Finalement la semaine qui précédait le départ je n’avais pas toutes les réponses à mes questions, mais j’avais hâte d’atterrir en Islande et de laisser place à l’improvisation.

L’Islande est un pays réputé pour ses conditions climatiques difficiles. Quelles ont été les difficultés rencontrées lors de  ton voyage en Islande à vélo et en solo ? Comment les as-tu surmonté ?

J’ai fait le tour en 5 semaines, mais au bout de la première semaine j’avais affronté tous les types de temps et un peu de dénivelé, alors j’ai très vite pu tirer quelques règles :
  • Quand on a le vent fort dans le dos : on roule tant qu’on peut ! Quitte à boucler deux étapes en une car le lendemain il peut tourner.
  • Quand on a le vent fort de face : autant se reposer une journée 🙂
  • Quand on a le vent fort de côté : on sait qu’on va peiner à avancer, que c’est vite dangereux, mais qu’on avance quand même.
Pour ce qui est de la pluie, je suis restée des heures et des heures dessous, mes vêtements n’ont pas tenu le choc, j’étais souvent trempée… Il faut serrer les dents. Le problème est surtout de réussir à faire sécher tout cela lorsqu’il pleut encore le lendemain.
Le fait de voyager seule n’a pas du tout fait partie des inconvénients. Malgré certains jours très difficiles, j’étais contente de vivre ces moments et de constater sur la carte que j’avançais.

 

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Tu t’es lancée dans un voyage physiquement engageant. Est-ce que ton rapport à ton corps a évolué pendant ces 5 semaines ?

​Le premier jour, j’ai roulé 50km de l’aéroport (Kelflavik) à Reykjavik, et j’avais prévu de faire ma première étape dès le lendemain. Mais c’était la première fois que je roulais avec mes bagages remplis (environ 30kg) et le lendemain, j’ai eu des courbatures phénoménales aux jambes. Ca commençait mal ! Alors au lieu de rouler, j’ai attaqué mon périple par une journée off pour visiter le centre ville… Finalement le surlendemain il faisait bon et l’étape est passée sans difficultés.

Je n’ai ressenti de la fatigue que 10 ou 15 jours après. Peut-être que je ne mangeais pas suffisamment également. Du coup je me suis aperçue que lorsque mon corps flanche, mon moral flanche aussi. Et j’ai eu un gros coup de blues, à me demander si j’allais réellement réussir à boucler le tour. Ce jour là, je n’ai roulé que 13km, au moins pour avancer jusqu’au camping suivant. J’ai repris confiance petit à petit. Le doute est toujours présent, mais il est balayé par l’enthousiasme de découvrir de nouveaux lieux et de faire de nouvelles rencontres chaque jour. Ma règle est d’avancer à mon rythme.

Et au fil des semaines, mon corps s’est entrainé, je ne sentais plus le poids des bagages. Mais dans les montées, j’ai souvent poussé le vélo !!​

Comment se sent-on quand on termine un tel voyage ? C’était quoi ton sentiment au moment tu es arrivée à Reykjavik et quand tu as réalisé que tu l’avais fait ?

​Le dernier jour est toujours étrange. A la fois je suis impatiente d’arriver et à la fois je traine toute la journée sur le vélo, à prendre des photos, à faire des arrêts ici et là… Étrangement je ne réalise que je suis arrivée que lorsque je suis au pied du panneau de la ville​ et que je prends une photo. Juste après je pleure beaucoup en roulant jusqu’au camping, à la fois de joie, de fatigue, de nostalgie d’avoir vécu des semaines intenses et magiques, de fierté aussi car c’est à chaque fois une victoire pour ma vie de femme. Je lâche tout et le soir j’envoie beaucoup de SMS à mes proches.

Tu es partie seule mais en lisant tes récits de voyage, j’ai l’impression que tu as fait une tonne de rencontres ! Quelles sont celles qui t’ont le plus marqué ?

​Lorsqu’on part seul.e, on peut faire le choix de fuir les gens, ou au contraire d’aller à leur rencontre. J’adore les moments de solitude, me sentir perdue dans un pays que je ne connais pas, mais dès qu’il y a des gens j’ai tendance à aller papoter, parfois 5 minutes, parfois 5 heures. Qu’ils soient du coin ou qu’ils soient voyageurs. En Islande, j’ai été marquée par un couple d’islandais qui m’a beaucoup aidée. J’avais un problème aux yeux, ils m’ont donné des médicaments, une paire de lunettes, des pâtisseries maison… Le contact est si bien passé qu’ils m’ont fait visiter leur maison, montré des photos de leur maison noyée sous la neige pendant des hivers rudes, raconté leur quotidien… Sigga, la femme, m’a même montré comment faire le gâteau qu’elle m’avait fait goûter et dont elle était très fière. Un moment simple mais à la fois très fort pour moi.

J’ai rencontré également trois jeunes italiens que j’ai retrouvé chaque soir aux campings pendant 4 ou 5 jours. Le matin je partais plus tôt qu’eux, ils me doublaient dans la journée, et on dînait ensemble en début de soirée. Je me suis sentie accueillie dans leur groupe comme une petite soeur. Ils m’ont beaucoup rendu service. Nous gardons le contact. Ils m’ont d’ailleurs fait cadeau de leur panneau solaire pour recharger les appareils numériques sur le vélo.

Certaines rencontres sont éphémères et d’autres non. On peut garder contact avec les gens que l’on rencontre en voyage. Plusieurs belles amitiés sont nées sur le Londres-Edimbourg, et plusieurs sont en train de grandir grâce à l’Islande. J’aimerais bien à l’avenir faire un périple avec des voyageurs rencontrés sur de précédents voyages.

 

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As-tu un conseil à donner aux personnes qui souhaitent se lancer dans une aventure similaire mais hésitent encore ?

​On trouveras toujours des gens pour nous dissuader (ceux qui ont peur pour nous, ceux qui sont frustrés de ne pas vivre leurs rêves, ceux qui pensent réellement qu’on n’en est pas capables…).

On se trouvera aussi toujours des excuses pour ne pas se lancer (l’argent, le temps, la sécurité…). Si vous avez un vélo dans votre garage, achetez simplement deux sacoches et partez de chez vous en direction d’une autre ville.

Gardez à l’esprit que la seule chose qui vous empêche réellement de ne pas le faire, c’est vous.

Je suis persuadée qu’on est tous capables de réaliser nos rêves, il faut le vouloir. Foncez ! C’est un chemin génial !​

C’est quoi ton prochain projet ? Et qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

​En 2018, je prévois de faire le tour du Mont-Blanc à pieds avec une très bonne copine. Et en 2019 je reprendrai la route à vélo, cette fois-ci direction l’Asie, pour un voyage de plusieurs mois. J’ai partagé le quotidien de mon voyage en Islande presque jour après jour sur ma page Facebook et ça a pris une grande place dans mon voyage car les échanges virtuels étaient riches. Là, je débute l’organisation du prochain voyage et je pense partager aussi toute la préparation, car c’est là que l’aventure commence !!! Souhaitez-moi de longs chemins à vélo, et au plaisir de vous y rencontrer !! On papotera 🙂

Merci Laurélen de m’avoir laissé cet espace d’expression et merci pour la pertinence des tes questions.

J’espère que cette interview vous aura inspiré, motivé et donné envie de réaliser vos rêves (voire peut-être même un tours de l’Islande à vélo). Vous trouverez sur la page de “Direction l’horizon” l’intégralité des récits de voyage d’Aurélie et pourrez suivre ses prochaines aventures en France et à travers le monde. Vous trouverez aussi sur le blog plus d’interviews de voyageurs.

EPINGLER LE TOUR DE L’ISLANDE A VELO POUR PLUS TARD

Voyage - Tour de l'Islande à vélo - Blog de voyage Marguerite & Troubadour
Voyage - Tour de l'Islande à vélo - Blog de voyage Marguerite & Troubadour

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2 commentaires

  1. Merci pour ce témoignage, ça nous permet de mieux comprendre la façon dont s’organise ce genre de projet! Ça donne envie de se lancer 😉

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