Geishas, les mystères de Kyoto

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J’ai passé quatre jours fantastiques à Kyoto. Après le tourbillon dans lequel Tokyo m’a plongé, la déception d’Hakone et mon coups de coeur pour Takayama, j’étais curieuse et excitée de voir ce que Kyoto me réservait ! De réputation, j’avais entendu dire que Kyoto était sublime : c’est un point de vue que je valide totalement ! Entourée de montagnes, Kyoto est une ville à taille humaine. Avec ses temples, ses jardins, ses maisons traditionnelles dignes d’un samouraï et ses ruelles tortueuses, je suis tombée sous le charme de cette ville ! Mais ce que j’ai préféré : c’est le hanamachi de Gion, le quartier où vivent et exercent les Geishas. Dans cet antre, les traditions perdurent.

Le hanamachi de Gion à Kyoto

Derrière les panneaux coulissants des machiya, ces maisons en bois typiques des centre-villes japonais, ornées de lanternes rouges, geishas et maikos pratiquent leurs arts. Longtemps assimilées à des prostituées (un sombre amalgame fait au cours de l’Histoire…), les geishas sont les héritières de traditions séculaires. A la fois artistes et dames de compagnie, leur rôle est de divertir de riches clients lors de banquets. Lors de leur apprentissage, geishas et maikos sont formées à la pratique du Mai, une danse traditionnelle, la maîtrise du shamisen, un luth à trois cordes, l’art floral ou initiées à la cérémonie du thé. Quelque soit leur âge et leur expérience, les geishas et maikos se forment en continue à la pratique de ces arts afin de progresser. Aujourd’hui, il ne resterait que 200 geishas en activité au Japon, dont la grande majorité à Gion.

Comment reconnaitre une geisha d’une maiko ?

Dès 18h, les touristes se pressent dans Gion dans l’espoir d’apercevoir geishas et maikos sortant d’une okiya pour se rendre à un banquet ou assurer un spectacle. On reconnait une geisha grâce à sa courte ceinture nouée dans le dos, dite « obi » et au col blanc qui borde son kimono. Au contraire, une maiko, une apprenti geisha, laisse librement retomber un pan de son obi. Il lui arrive presqu’aux chevilles, le col de son kimono est d’un rouge soutenu tandis que sa nuque n’est pas totalement fardée. Elles marchent d’un pas rapide dans les rues de Gion, ne s’attardant guère devant les touristes qui se bousculent et se tordent le cou pour les observer.

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La formation d’une geisha

L’apprentissage pour devenir geisha est long, exigeant et difficile. A quinze ans, la novice part s’installer dans une okiya, une maison de Geisha, pour y commencer le shikomi, la formation pour devenir maiko. Elle apprend les bases de la vie dans le hanamachi et elle est formée à la pratique des arts. Cela dure à peu près un an.

Le shikomi est suivi du minarai, une courte période entre le moment où le Grand Maître du Mai – la danse traditionnelle japonaise – donne à la jeune novice l’autorisation de devenir maiko et ses débuts en tant qu’apprentie-geisha. Pendant cette période, elle change de nom. C’est un peu comme une seconde naissance. Elle est aussi prise en charge par une onesan, une geisha plus expérimentée. Ensuite vient le misedashi. Durant cette période, la jeune maiko fait ses débuts. Elle fait la tournée des maisons de thé et des restaurants pour être présentée sous son nouveau nom et participe à son premier banquet. Elle garde son statut de maiko pendant quatre ou cinq ans avant de faire son erikae et devenir geisha.

Koyoshi, l’apprentissage d’une maiko

Si vous souhaitez en savoir plus, je vous conseille le livre « Maiko, journal d’une apprentie geisha », qui retrace le parcours de Koyoshi, une jeune maiko vivant dans le hanamachi de Gion. Ce livre, très complet, aborde l’apprentissage des maikos pour devenir geishas, l’importance des arts pour être accomplie ainsi que les codes des vêtements traditionnels. J’ai acheté ce livre à La Fnac suite à mon voyage au Japon afin d’en apprendre plus sur ces jeunes femmes qui m’ont totalement fasciné ! Ce livre s’est révélé très intéressant car il explique comment les geishas ont évolué avec leur époque. Cinquante ans auparavant, une novice entrait en apprentissage dès l’enfance alors qu’aujourd’hui il s’agit d’un choix d’orientation. Vous vous imaginez dire à votre conseillère d’orientation au collège : « des études de maths ?! Pourquoi faire ?! Moi j’veux être geisha ! » Il en est de même sur la question du mariage. Certaines peuvent se marier mais ne doivent pas l’ébruiter. A Kyoto, en revanche, la tradition est respectée à la lettre. Si une geisha souhaite se marier, elle doit abandonner son métier.

Mon récit sur mon road-trip au Japon touche bientôt à sa fin. J’ai encore quelques lieux et expériences à partager avec vous avant de boucler cette page et de vous emmener découvrir d’autres contrées. En attendant, on se retrouve mardi prochain pour un nouvel article !

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8 Comments

  • Les Geisha sont tellement belles, elles portent en elles des siècles et des siècles de tradition. Je les trouve fascinante et tu as tellement eu de chance d’en saisir deux en photos ! Je crois qu’en trois séjours là-bas, j’ai une seule photo, de dos ^^ En tout cas, je vais me prendre le livre !

    • Bonjour Nastasia ! Je suis restée sans voix quand j’ai croisé une Geisha pour la première fois. J’avais l’impression d’être tombée dans une dimension paralléle ou d’avoir remonter le temps. Elles dégagent un charme fou mais aussi quelque chose de très mystérieux.

      • Oui, je pense que l’on ressent tous cette sensation de mystère qui flotte autours d’elles ♥ On avait pu assister au Miyako Odori, le festival des Maiko qui se tient en Avril et de les voir danser, ensemble. Et elles étaient si nombreuses ! J’en ai eu les larmes aux yeux tellement c’était fort ! Tu as eu beaucoup de chance d’en croiser et j’adore la photo où la Maiko court ! Ça traduit bien ce sentiment d’éphémère ♥

        • C’est exactement ça ! Je crois que le même sentiment animait la foule. Les gens regardaient ces jeunes femmes passer avec beaucoup de respect.

  • Bonjour Laurélen.
    Tes photos sont très belles, c’est vrai que tu as eu de la chance de pouvoir les voir ces jolies Geishas ! Moi je vais à Kyoto à la fin du mois et j’avoue que j’espère pouvoir en croiser au moins une.
    Merci d’ailleurs pour l’explication très claire entre Maiko et Geisha. Je saurai maintenant les reconnaître. 🙂
    Et je ne pensais pas qu’il y en avait si peu encore en activité, elles sont donc comme des oiseaux rares… 😉
    Je croise les doigts pour vivre l’expérience moi aussi !

    • Bonjour Barbara ! L’idéal pour apercevoir une Geisha, c’est de se promener à Gion aux alentours de 18h. Souvent elles sortent des okiya pour se rendre à un rendez-vous ou alors elles rentrent après des représentations. C’est assez magiques de les croiser à cet instant précis 🙂

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