3 nuits sous les étoiles sur le chemin de Santa Cruz

Après deux randonnées d’acclimatation vers la laguna Wilkacocha et la célèbre laguna 69 à Huaraz, une ville située au nord du Pérou entre la Cordillera Blanca et la Cordillera Negra, Celia et moi décidons de nous lancer en autonomie sur le trek de Santa Cruz. Le trek de Santa Cruz est un itinéraire de quatre jours et trois nuits de randonnée à travers le parc national de Huascarán. Il s’agit d’un itinéraire modéré de 50kms qui nous emmène à la découverte de la Cordillera Blanca entre col de montagne, lagunes azures et vallées arides. 

Il est à peine cinq heures du matin lorsque nous claquons la porte de notre petit hostel à Huaraz pour nous enfoncer dans la nuit, emmitouflées dans nos coupes-vents. Sur nos dos, nos sacs de dix kilos dont les 60 litres sont remplis par notre matériel de camping et notre nourriture pour quatre jours. J’ai l’impression de ressembler à une tortue, avançant avec précaution, ma maison sur le dos. Car ce matin, nous partons randonner sur le chemin de Santa Cruz dans le parc national de Huascarán au nord du Pérou.

Ce n’est pas sans appréhension que je me lance dans ce trek. La veille, blottie au fond de mon lit, je n’ai trouvé le sommeil que par intermittence, assaillie de doutes, encore secouée par la difficulté de la randonnée vers la Laguna 69. Car c’est la première fois que je pars randonner en autonomie et qui plus est, en haute montagne.

Coincée entre deux péruviens dans le colectivos qui me mène à Vaquería, mon énorme sac à dos posé sur mes genoux, écrasant par la même la partie gauche de mon visage, je ne cesse de m’interroger sur les raisons – totalement masochistes – qui me poussent à m’infliger des choses dont je ne suis pas tout à fait sûre d’être capable pour le simple plaisir de me flageller.

Le premier jour, j’apprivoise doucement mon sac à dos. Son poids qui me fait légèrement pencher vers l’avant, ses sangles qui enserrent mes hanches, laissant une marque rose sur ma peau… Heureusement, le sentier rocailleux ne représente aucune difficulté, slalomant entre de petits villages andins et des vallées encaissées où s’écoule une rivière.

Et tandis que la nuit tombe sur le camping de La Paria, nous retrouvons notre routine écossaise : monter la tente, enfiler des vêtements chauds, faire bouillir l’eau de la rivière pour cuisiner, préparer l’itinéraire du lendemain. À 17 heures, on dîne. À 18 heures, on se réfugie dans nos duvets.

Le deuxième jour s’annonce difficile avec ses 1000 mètres de dénivelé positif. Il nous faudra pas moins de huit heures pour atteindre le camping de Taullipampa et franchir le col de Punta Union à 4750 mètres d’altitude. Alors on prend notre temps. On s’arrête régulièrement pour engloutir avocats, clémentines et maté de coca afin de déjouer les pièges du soroche, le mal des montagnes. Mais les paysages sont dingues et mes appréhensions de la veille se sont envolées. On observe les lagunes bleues nichées au coeur d’une roche cisaillée et escarpée, la poudreuse qui parsème les pics à plus de 5000 mètres d’altitude et les lupins qui poussent sauvagement au bord des chemins.

Le jour se lève sur le petit camping de Taullipampa. Comme chaque matin, il nous faut compter une bonne heure avant de lever le camps. Ce jour-là, les paysages s’enchaînent, tous plus différent les uns que les autres. En fin de matinée, je plonge mes pieds fatigués dans l’eau glacée de la lagune Arhueycocha tandis qu’en milieu d’après-midi, nous traversons une étendue désertique sur plusieurs kilomètres.

Ce soir-là, nous passons notre dernière nuit sur le chemin de Santa Cruz. Nous avons planté notre tente à l’abri du vent et bâti un cercle de pierres pour protéger la flamme de notre rechaud. On traîne, repoussant sans cesse le moment de nous glisser dans notre duvet, bien consciente que d’ici une poignée d’heures nous quitterons ces paysages sauvages et cette nature immuable.

INFORMATIONS PRATIQUES SUR LE TREK DE SANTA CRUZ

COMMENT ACCÉDER AU TREK DE SANTA CRUZ DEPUIS HUARAZ ?

Depuis Huaraz, il faut prendre un colectivos jusqu’à Yungai. Les premiers départs ont lieu dès 4 heures du matin. Le trajet dure environ 1h15 et coûte 5 soles par personne. Une fois à Yungai, il faut prendre un nouveau colectivos jusqu’à Vaquería. Dès notre descente du colectivos, un chauffeur nous a abordé. On a attendu environ une heure avant de partir car les colectivos circulent une fois rempli. Le trajet jusqu’à Vaquería dure environ 3 heures et coûte 25 soles par personne.

DANS QUEL SENS FAUT-IL PARCOURIR CE TREK ?

Le trek de Santa Cruz se parcourt dans les deux sens de Vaquería à Cashapampa ou de Cashapampa à Vaquería. Nous avons choisi le premier itinéraire car il nous a semblé plus simple. En partant de Cashapampa, les randonneurs devront attaquer dès le premier jour un dénivelé positif de 1100 mètres. Cependant il nous a semblé qu’une grande partie des tours organisés empruntait ce chemin.

S’AGIT-il D’UN TREK DIFFICILE ?

Le trek de Santa Cruz est un itinéraire modéré. Le deuxième jour est le plus difficile car nous sommes amenés à franchir le col de Punta Union à 4750 mètres. Ce trek nécessite donc d’être bien acclimaté à l’altitude ! Pour cela, au départ de Huaraz, prenez le temps de faire quelques randonnées à la journée vers les lagunas Wilkacocha, 69 ou Churup.

COMBIEN COÛTE LE TREK DE SANTA CRUZ EN AUTONOMIE ?

Le trek nous ai revenu à 181 soles par personne (46 soles de transport, 40 soles de nourriture, 30 soles de gaz). À cela, il faut ajouter 65 soles correspondant au prix d’entrée du parc de Huascaran. Si vous randonnez en premier lieu vers la Laguna 69, prenez un billet 21 jours (au lieu du billet à la journée) qui vous permettra d’entrer à nouveau dans le parc lors de votre randonnée.

QUELLES SONT LES DIFFÉRENTES ÉTAPES DU TREK DE SANTA CRUZ ?

Jour 1 : départ de Vaquería (3700 mètres). Randonnée facile de 10 kilomètres à travers des vallées et de petits villages andins jusqu’au camping de La Paria (3850 mètres), en bord de fleuve. Environ 4 heures de marche, pauses incluses en autoportage.

Jour 2 : randonnée difficile de 12 kilomètres et 1100 mètres de dénivelé positif jusqu’au col de Punta Union (4760 mètres), s’ensuivent deux heures de descente jusqu’au camping de Taullipampa (4250 mètres). Étape de huit heures environ.

Jour 3 : longue randonnée de 18 kilomètres avec un détour vers la lagune Arhueycocha. La randonnée comporte peu de difficulté. On traverse des paysages variés dont un désert jusqu’au camping de Llamacorral. Étape de 7 heures environ.

Jour 4 : trois heures de randonnée plutôt facile avec 1000 mètres de dénivelé négatif jusqu’au village de Cashapampa.

COMMENT SE REPÉRER SUR LE CHEMIN DE SANTA CRUZ ?

Nous avons télécharger une trace GPX sur le site Wikiloc. Elle permet de nous repérer grâce à la fonction GPS de nos smartphones et de consulter le dénivelé. La trace datait un peu si bien que le dernier jour, pour descendre jusqu’à Cashapampa, le chemin avait changé. Nous avons marché pendant trois heures sous la trace. Mais à ce niveau-là, impossible de se tromper, il n’y a qu’un seul chemin jusqu’au village.

QU’EN EST-IL DE L’EAU ?

Chaque camping se trouve au bord d’un cours d’eau qui puise sa source dans la montagne. Il vous faudra apporter des pastilles purificatrices pour la boire ou la faire bouillir avant de cuisiner afin d’éliminer les bactéries laissées par les excréments des animaux.

QU’EN EST-IL DU RAVITAILLEMENT ?

Le troisième jour, au camping de Llamacorral, vous trouverez une petite échoppe vendant des barres de céréales, des boissons gazeuses, de la bière ou de l’eau. Il en va de même à Vaquería, au départ du trek. Sur les campings de La Paria et de Taullipampa, il vous faudra prévoir votre ravitaillement.

COMMENT RENTRER DE CASHAPAMPA À HUARAZ ?

A Cashapampa, nous nous sommes entassés dans un colectivos jusqu’à Caraz. Le trajet dure une heure et coûte 10 soles par personne. À Caraz, nous avons pris un nouveau colectivos jusqu’à Huaraz. Le trajet dure deux heures et coûte 6 soles par personne.

5 Commentaires

  1. 22 août 2017 / 18 h 11 min

    Pour une première expérience de randonnée, la faire en haute montagne et à ces altitudes était audacieux, un défi largement relevé. Bravo!
    J’adore randonné, j’ai fais 2 petites rando dans les Pyrénées la semaine passée. Ton trek m’a donnée envie…

    A plus tard,
    Adeline du Blog Mes idées naturelles
    http://www.mesideesnaturelles.fr

    • Laurélen
      31 août 2017 / 23 h 47 min

      Bonjour Adeline, merci pour ton commentaire ! J’ai l’impression que dès qu’on goûte à la randonnée, on a vite envie de recommencer ^^

  2. 12 septembre 2017 / 11 h 41 min

    Renversant ton article ! Cela fait longtemps que je veux aller au Pérou et ton récit et tes photos me donnent encore plus envie !
    Je pars bientôt pour une petite rando dans le vercors, donc rien à voir ! haha Mais j’espère que je ressentirai la même excitation et paisibilité que toi au Pérou. 🙂

    Au plaisir de lire tes autres aventures,
    Aurélie

    • Laurélen
      6 octobre 2017 / 23 h 45 min

      Merci Aurélie !
      Tu sais, j’aime toutes mes randonnées même si c’est une rando en France ou à deux pas de chez moi. À chaque fois, j’ai l’impression de vivre une nouvelle aventure et surtout, une rando, c’est l’occasion de revenir à l’essentiel et de déconnecter au maximum. À bientôt

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