Bilan : 5 mois de voyage en Amérique du Sud et en Antarctique

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En 2017, Célia et moi sommes parties pour cinq mois de voyage en Amérique du Sud. Ce voyage était un rêve de longue date et la mise en place de ce projet nous a donné pas mal de fil à retordre entre deux jobs assez prenants et de nombreuses activités ! Mais le 1er août, nous grimpions – enfin – à bord d’un avion de la compagnie Air Canada pour Lima, au Pérou. Ce voyage extraordinaire allait nous mener des plus beaux sommets andins jusqu’à la péninsule Antarctique et nous permettre de vivre des expériences folles : randonner en autonomie, marcher sur un glacier, approcher des caïmans à la nuit tombée, se frotter au rigoureux climat patagon, voir de nos yeux le Machu Picchu et j’en passe ! A travers ce voyage, nous étions en quête de sens et de liberté avec l’envie de nous couper momentanément de notre quotidien et de profiter du temps qui s’offrait à nous pour découvrir quelques pays en profondeur. Vous trouverez dans cet article les raisons qui ont motivé notre départ, notre organisation pour préparer cet incroyable voyage et de nombreuses anecdotes. Je vous raconte tout tout tout sur la vie en voyage au long cours.

A PROPOS DE NOS 5 MOIS DE VOYAGE EN AMÉRIQUE DU SUD & ANTARCTIQUE

Marguerite et Troubadour blog voyage

NOTRE ITINERAIRE DE VOYAGE

  • Du 1er Août au 08 Septembre : Pérou
  • Du 09 Septembre au 1er Octobre : Bolivie
  • Du 02 Octobre au 30 Décembre : Chili et Argentine
  • Du 18 au 27 Novembre : Antarctique

LES TOPS DE NOTRE VOYAGE

  • L’Antarctique, le voyage d’une vie, une folie totalement inattendue.
  • La découverte des glaciers et de la vie tranquille de la Carretera Austral.
  • Le trek de Santa Cruz au Pérou en autonomie totale.
  • Notre expédition en Amazonie depuis Puerto Maldonado.
  • Les maracuyas (fruits de la passion) à profusion dans les marchés péruviens et boliviens.

LES FLOPS DE NOTRE VOYAGE

  • Les îles Ouros au Pérou sur le lac Titicaca, c’est clairement ce qu’on peut qualifier d’un attrape-touriste.
  • Mendoza et la route des vins en Argentine. On a finalement trouvé le lieu peu intéressant. Question de goût.
  • Pédaler dans le sable de la vallée de la lune à San Pedro de Atacama. Fausse bonne idée.
  • La difficulté de trouver des infos en Bolivie pour organiser nous même nos treks. Les mules ? Non merci !
  • La fois où Célia a failli perdre son passeport dans un bus de nuit entre Mendoza et Valparaiso… Grand moment de solitude !

ANECDOTES DE NOTRE VOYAGE EN AMÉRIQUE DU SUD ET ANTARCTIQUE

NAISSANCE D’UN PROJET

Novembre 2015… Lendemain des attentats. Nous nous trouvons dans les îles Canaries. Les températures frôlent les 35°c. La bière coûte deux euros. On randonne beaucoup et on se baigne tout autant dans les piscines naturelles de Puerto de las Nieves. Mais le coeur n’y est pas. On évolue dans une sorte d’univers parallèle, totalement sonnées, presque hébetées. On passe notre temps à suivre l’actualité, regrettant de ne pas pouvoir nous joindre à la foule qui marche en direction de la place de la République ou d’attraper nos amis par le bras pour nous soutenir les uns les autres. Mais c’est aussi l’électrochoc nécessaire. Quels sont nos rêves ? Qu’est-ce qu’on attend pour les réaliser ? Et tandis que sur les réseaux sociaux, les portraits de jeunes gens toujours portés disparus défilent, notre rêve de partir pour un voyage au long cours devient notre résolution, faisant voler en éclats nos dernières réserves. On part. La date est encore incertaine, notre itinéraire abstrait et notre budget inconsistant. Mais notre décision est prise et, dès lors, nous nous consacrerons toutes entières à ce projet.

LE BON MOMENT

À partir de cet instant, nous avons attendu « le bon moment ». Comme si les planètes allaient s’aligner favorablement et nous dégager la voie… Malheureusement, Celia et moi passons notre temps à vivre en décalé. Alors que je frôle le bore-out, Celia se défonce pour obtenir une promotion. Six mois plus tard, je m’éclate dans un nouveau job tandis qu’elle essuie un plan social. Début 2017, il nous faut nous rendre à l’évidence : #SPOILER le bon moment n’existe pas. En revanche, notre envie de partir devient de plus en plus forte, comme une évidence. Elle m’étreint à m’en faire mal. J’ai Paris en horreur. Prendre le métro devient une véritable épreuve. D’un point de vue pratico-pratique, notre projet prend forme. Très vite, nous avons écarté les possibilités de PVT et Workaway et estimé le budget qui nous permettra de voyager en Amérique du Sud pendant 5 mois. En un peu plus d’un an, nous avons réuni la somme nécessaire et dessiné un itinéraire, ponctué de treks et de randonnées en haute altitude. Alors nous fixons une date : le 01 Août. Et la machine se met en marche.

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Toronto, première photo prise lors de notre escale au Canada.

TOUT QUITTER

On a préparé notre départ comme on aurait géré n’importe quel projet de migration d’infrastructure réseau au bureau, à coups d’Excel et de rétroplanning ! Car planifier un voyage au long cours, c’est presque un job à plein temps. Quatre mois auparavant, nous parvenons à négocier deux congés sans solde – dans la douleur pour Celia – et nous achetons nos billets d’avion. A partir de cet instant, les choses sont devenues beaucoup plus concrètes. Peu à peu, on s’équipe en matériel de trek et de camping tout en gérant les aléas du déménagement. C’est ce qui nous bouffe le plus d’énergie : rendre l’appart, trouver un lieu où stocker nos meubles pendant 5 mois, gérer les impôts, choisir une nouvelle banque… Et ainsi de suite !

Un mois avant le départ, nous vidons l’appartement avec l’aide des parents de Celia. Et c’est parti pour 30 jours en mode “camping” ! On mange dans nos assiettes de randonnée. Je descends l’ensemble de mes livres dans la rue avec un petit mot “servez-vous” pour m’en débarrasser – ils partiront en moins de trois heures #parisestmagique. Et vestimentairement parlant, je tourne sur trois tenues pour aller bosser ! Autant dire que je ne peux plus participer aux journées “dress-code” organisées par mon entreprise…

Trois jours avant de partir, nous n’avons plus rien et nous dormons sur nos matelas de sol à même le carrelage. J’ai beau adorer nos deux Therm-A-Rest, ils ne sont vraiment pas faits pour ça ! C’est comme si un rouleau compresseur vous passait sur le corps… Plusieurs fois ! Le 31 Juillet, on rend l’appartement avec un léger pincement au coeur mais prêtes à embrasser l’aventure qui nous attend. On passe notre dernière nuit parisienne sur le canapé de Mickaël et Vincianne, un couple d’amis. Ils nous dorlotent comme jamais à grand renfort de bouteilles de vin rouge et de plateau de fromages. Puis le jour J arrive. L’excitation est totale !

DÉPART

Il nous faut trois jours pour arriver à Lima… Par souci d’économie, nous avons acheté le billet d’avion le moins cher, ce qui nous impose une escale de vingt heures à Toronto. #Conseil : partir en période de vacances scolaires fait mal à ton budget. On réserve une auberge de jeunesse en plein centre ce qui nous permet d’avoir un bon aperçu de la ville : des immeubles à l’architecture victorienne côtoient les grattes-ciel, des bus scolaires jaunes sillonnent les larges avenues, le street-art est monnaie courante tout comme les food-courts, les coffee shops à l’atmosphère cosy ou les camions ambulants proposant hot-dogs et poutines. Toronto a des airs de New York… En plus paisible !

Arrivées à Lima, nous ne nous attardons pas. J’ai suffisamment lu de blogs pour me rendre compte de l’intérêt limité de la capitale péruvienne. Surtout nous avons hâte de nous retrouver dans des lieux moins touristiques et beaucoup plus tournés vers la nature. Et c’est tout l’objectif de ce voyage. Aussi nous prenons un bus pour Huaraz, porte d’entrée vers la Cordillère des Andes. Après une nouvelle journée de transport, c’est là que le véritable voyage commence. Cependant il nous faudra encore quelques jours pour réaliser qu’enfin nous y sommes et relâcher la pression.

Laguna Wilcacocha Pérou

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ALTITUDES

Notre premier trek dans les montagnes péruviennes se fait dans la douleur. Le premier jour le long du Santa Cruz, il faut nous habituer au poids de nos sacs à dos comprenant notre équipement de bivouac et nos rations pour quatre jours en autonomie. Ils pèsent environ 11 et 13 kilos. J’avance difficilement, légèrement déséquilibrée, comme une tortue portant sa maison sur son dos. Les anses du sac me scient les hanches, laissant de petites marques rosées et la sensation d’un hématome. Mais les paysages compensent largement la douleur #monpetitcôtémasochiste Mal acclimatée, le soroche, le mal des montagnes, me frappe de plein fouet. Chez moi, il se traduit par de violentes migraines ophtalmiques et une envie de vomir qui me fait redescendre de la montagne à cheval en courant. Le passage du col de Punta Union à 4750 mètres d’altitude est un véritable calvaire malgré les litres de maté de coca ingurgités, ma vessie remplie à ras-bord et les clémentines avalées à la hâte. Il me faudra plusieurs semaines avant d’être totalement acclimatée et de pouvoir crapahuter sans encombre – ou nausées – à plus de 5000 mètres d’altitude.

REVISITER LA NOTION DE CHEZ SOI

Nous passons nos premières nuits à Huaraz dans un petit hostel du centre-ville. Depuis notre chambre, les bruits de la rue nous parviennent : les scooters pétaradent, les chiens se battent… Les lits sont recouverts de deux vieilles couvertures aux imprimés léopards (!) mais l’auberge est si mal isolée que nous dormons dans nos duvets prévus pour résister à des températures négatives. Dès qu’on se glisse sous la douche, c’est un peu la roulette russe : aura-t-on le droit à de l’eau chaude ? Le plus souvent, la réponse est non et l’eau froide me gèle le crâne à m’en faire mal.

Nous enchaînons les nuits chez l’habitants, les nuits dans le bus ou les nuits en dortoir dans des auberges de jeunesse quand nous ne trouvons rien d’autres dans notre budget. Mais c’est au fond de notre tente, sobrement renommée Padattente, que nous nous sentons le plus à l’aise au beau milieu de la nature en toute autonomie. Peu à peu, nous apprivoisons ce petit espace dans lequel nous tenons tout juste à deux. Pendant nos 5 mois de voyage, nous passerons 31 nuits sous la tente dans les montagnes boliviennes, sous la chaleur du nord-ouest argentin ou encore au fond du jardin d’un petit hostel à Puerto Natales au Chili.

De notre ancienne vie, rien ne nous manque vraiment. L’essentiel de nos affaires tient dans nos sacs à dos. Et encore, nous n’y accordons que peu d’importance. Je n’ai jamais été véritablement attachée à des biens ou à des possessions matérielles. Grande habituée des tris et des déménagements, ce voyage confirme encore davantage ce trait de ma personnalité. Pour être heureuse, je n’ai besoin de rien, si ce n’est de Célia. Mon “chez moi”, c’est elle.

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GROSSE FRAYEUR

Fin août, nous quittons Cusco pour Mollepata, le point de départ du trek du Salkantay. Ce trek de cinq jours doit nous mener jusqu’à Agua Calientes où nous découvrirons le Machu Picchu. La première étape s’annonce difficile. Il nous faut presque 8h dont 4h30 d’ascension continue sous un soleil de plomb à travers de petits villages andins et des sentiers en balcon pour atteindre Soraypampa. Et, comme souvent en randonnée, nous ne croisons pas âme qui vive… Exception faite d’un jeune voyageur brésilien. Il est arrivé au Pérou en conduisant un vieux scooter quelques semaines auparavant. Au moment où nous faisons sa connaissance, il replie tranquillement sa tente. Lui aussi se rend à Soraypampa mais, contrairement à nous, il lui faudra deux jours pour boucler la première étape du trek. La veille, il s’est perdu dans la montagne…

Le lendemain, réveillées aux aurores, on fait un petit détour – de deux heures – pour grimper jusqu’à la lagune Humantay, un lac andin installé au creux de la montagne. Je suis assise tranquillement au bord de l’eau. Les sommets enneigés des montagnes alentours se reflètent sur ce lac teinté de bleu et de vert. Quand soudain la neige tire et craque. C’est une avalanche ! D’un bond, je me redresse. Mon rythme cardiaque s’accélère et je me mets à courir pour retrouver Célia qui se tient de l’autre côté du lac sur une crête en contrebas de la montagne. Il me faudra de longues secondes pour réaliser que l’avalanche se produit dans la vallée voisine. Nous sommes en sécurité mais mes jambes flageolent.

BUDGET

Pour nos dépenses quotidiennes, nous avons compté large ! Ou plus exactement sur un budget de 50€ par jour et par personne tout en sachant que nous ne dépenserons jamais ce budget dans des pays comme le Pérou et la Bolivie. En réalité, on vit plutôt chichement. On dort dans de petites chambres doubles pour un budget moyen de 8€ par nuit. On cuisine beaucoup en achetant nos provisions dans les marchés de rue pour trois francs six sous. Souvent on voyage de nuit pour économiser le coût de l’hôtel. On a aussi pris en grippe les tours organisés. Alors on essaie de faire preuve de débrouillardise et de s’organiser au mieux en utilisant les transports locaux même s’il nous faut plus de temps pour parvenir à destination.

En revanche, on ne fait aucune concession sur nos loisirs. Nous passons beaucoup de temps à randonner en autonomie, ce qui ne nous coûte strictement rien hormis quelques droits d’entrée dans les parcs nationaux, chose très courante en Amérique du Sud. Mais on ne se prive pas ce qui nous permet de randonner sur des glaciers, de partir une semaine en expédition dans la jungle amazonienne ou de naviguer sur le canal de Beagle à Ushuaïa. Dans l’ensemble, un mois de voyage en Amérique du Sud nous coûte bien moins cher qu’un mois de vie sédentaire à Paris.

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TRAVERSER LES FRONTIÈRES

Quelques mois avant le départ, j’ai épinglé sur Google Maps les itinéraires de treks à parcourir ainsi que les sites et principaux lieux touristiques des quatre pays visités. Cette carte est devenue la base de notre itinéraire de voyage mais notre rythme et nos envies évoluent peu à peu. On fuit les grandes villes comme la peste, préférant privilégier des destinations secondaires, beaucoup moins touristiques. On s’écoute beaucoup plus, on se fie à notre instinct et on n’hésite pas à sortir des “sentiers battus”. Le temps est un véritable luxe mis à notre disposition. Il nous permet d’accéder à des endroits plus confidentiels comme les missions jésuites de Santa Cruz ou le parc national de Toro Toro en Bolivie.

Très vite, on devient des pros du passage de frontières et les tampons viennent garnir les pages vierges de nos passeports. A chaque fois, c’est la même routine. On voyage de jour car la plupart des frontières entre les pays ferment après 19 ou 20 heures. Lorsqu’on quitte un pays, un premier tampon de sortie du territoire vient s’ajouter sur les pages de nos passeports. Puis on attrape nos sacs pour les déposer sous les scanners des douaniers. On patiente un peu – parfois carrément longtemps – avant de répondre à quelques questions au sujet de notre périple et de récolter notre précieux : un visa pour séjourner 90 jours dans un nouveau pays. En Patagonie, les conditions de passage des frontières se durcissent et des chiens viennent renifler nos affaires. Un matin, nous restons bloquées près de 4 heures en Terre de Feu, au beau milieu de nulle part : les chiens ont détecté des traces de drogue sur l’un des passagers du bus.

CONDITIONS EXTRÊMES

Il est 5h30 quand le réveil sonne. Il fait encore nuit. En programmant le réveil la veille au soir, nous n’avions pas anticipé le changement d’heure entre le Pérou et la Bolivie. On se pose dans la salle commune de notre hostel devant une boisson chaude, en attendant que le jour se lève. Il est un peu plus de 7h00 quand nous quittons notre hébergement, nos sacs sur le dos, pour nous diriger vers La Cumbre, le point de départ du trek El Choro. La Cumbre est un lieu-dit au beau milieu de nulle part et à 45 minutes de route de La Paz. Lorsque nous arrivons, le brouillard est épais. Nous sommes censées apercevoir des lagunes mais il nous est impossible de distinguer quoi que ce soit ! Il pleut légèrement et ça caille… Bref, les conditions météo ne sont pas vraiment idéales en ce premier jour de trek. Alors que nous descendons de notre colectivos, les autres passagers se tournent vers nous  : “Que haces ?” L’air de dire “Vous êtes dingues de descendre ici !! Vous allez mourir !”

Même pas peur. On s’élance sur le sentier en s’enfonçant dans l’épais brouillard, notre Smartphone en main pour nous guider. Au bout d’un quart d’heure de marche, la pluie s’intensifie. Puis elle se transforme en neige et la visibilité se réduit encore un peu plus. Dix minutes plus tard, la neige recouvre tous les alentours. On ne distingue plus que nos pieds. On commence même à se demander s’il est prudent de continuer… On vérifie l’altitude sur notre trace GPX, nous ne sommes pas loin du sommet. Nous décidons de persister malgré nos cheveux qui commencent à geler et notre équipement de randonnée peu adapté aux conditions extrêmes. La neige nous fouette le visage. Il règne un grand silence dans les montagnes boliviennes de la Cordillera Real. Et nous sommes seules au monde.

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BIKEPACKING DANS LE SALAR D’UYUNI

Depuis Tupiza, en Bolivie, nous partons en expédition à bord d’un 4×4 à la découverte de la région du Sud-Lipez et du Salar d’Uyuni. Ici, les routes sont poussiéreuses, arides et infinies. Le couple de quinquagénaires australiens avec lequel nous voyageons n’a qu’un mot à la bouche “Dusty, Dusty road !” Ils répètent cette phrase inlassablement. Le long de cette route sans fin, nous rencontrons plusieurs voyageurs à vélo :

  • L’un d’eux, un jeune japonais, étudiant en ingénierie mécanique,  voyage sur un vieux vélo de route qu’il passe son temps à réparer. Son voyage a commencé à Lima au Pérou. Son but : rejoindre San Pedro de Atacama. Avant de traverser le désert, il a acheté sur un marché 40 petits pains. Ce sera son unique source de nourriture lors de sa traversée du salar.
  • Un couple de jeunes trentenaires français. Partis depuis 7 mois de Colombie. Leur voyage à vélo devrait s’achever d’ici 5 mois en Patagonie. Leurs vélos sont estampillés B’twin et leurs selles Brooks. Quand ils sont partis pour le désert, leurs vélos, remplis de nourriture et d’eau, pesaient 45 kgs.
  • Un couple de retraités canadiens sur les routes depuis plus de cinq ans. Nous avons partagé notre déjeuner avec eux. La femme a soigneusement emballé les restes pour leur dîner du soir. La veille, ils ont passé la nuit à 5000 mètres d’altitude près des geysers El Sol de Mañana.

Pour comprendre la difficulté de leur entreprise, il faut imaginer le désert : la route n’a rien d’asphalté. Si le long du salar la route de sel est dure comme de la pierre et que les kilomètres s’enchaînent, le reste du temps, c’est du sable et des graviers. Le vent, fort, glacial, quasi-permanent, soulève une poussière continue, les obligeant à dissimuler leurs visages. Et quand ils roulent, le vent de face, il n’y a que leur mental pour les pousser à continuer. Mais le pire, ce sont les nuits quand la température chute sous les zéro degrés et que le vent s’engouffre sous la tente… Tous ces voyageurs m’ont énormément inspiré. J’avais envie de raconter une brève partie de leur histoire. Ils m’ont aussi conforté dans mon idée de toujours chercher à mener à bien mes projets.

ELLEN

Durant notre séjour à Tupiza, nous rencontrons aussi Ellen, une jeune trentenaire néo-zélandaise avec laquelle nous partons en expédition dans le Sud-Lipez et le Salar d’Uyuni. Fièrement, elle affiche au compteur plus d’une cinquantaine de pays visités, une expression qui ne manque pas de me faire lever les yeux au ciel… Mais c’est elle qui nous ouvre de nouvelles perspectives : « Pourquoi vous n’allez pas en Antarctique ? C’est pas très cher en partant d’Ushuaïa ! » La perspective de découvrir l’Antarctique ne nous a jamais effleuré l’esprit. C’est bon pour les Mike Horn mais pas pour deux apprenties aventurières d’1m60 à peine. On élude la question d’un haussement d’épaules. Nous verrons ça le jour où nous serons à Ushuaïa… Si nous décidons d’aller jusque-là !

Avec Ellen, nous parcourons les alentours de Tupiza à cheval. La petite ville bolivienne est entourée de canyons et de montagnes à la terre rouge incandescente. C’est mon premier voyage à cheval et, manque de pot, je tombe sur la forte tête de la bande ! Le canasson récalcitrant… Et comme on se voyait déjà vivre comme deux cow-girls solitaires arpentant le désert, nous n’y sommes pas allées de main morte : nous sommes parties pour 7h30 de promenade. A la fin de la journée, chaque partie de mon corps me fait mal à en pleurer. Et pour se moquer de moi, Célia émet de petits claquements du bout des lèvres qui font partir mon cheval au trot. Clairement, ceci est un motif de rupture…

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LA VIE À DEUX

Ce voyage nous soude et nous rapproche comme jamais. Et plus nous progressons dans notre périple, plus je réalise la chance que j’ai d’avancer au quotidien avec une personne qui me connait sur le bout des doigts, qui m’aime, qui me respecte et partage les mêmes rêves d’évasion. Au retour de voyage, mes collègues m’ont souvent posé la question suivante : “mais… vous aviez toujours des choses à vous dire en étant ensemble 24 heures/24 ?” La réponse est oui ! Un grand “oui” Jean-Pierre ! D’ailleurs, le plus difficile n’a pas été de reprendre un rythme quotidien une fois de retour à Paris. Le plus difficile a été de ne plus être ensemble sans discontinuer.

Partir en tour du monde ou en voyage au long cours, c’est aussi faire une croix sur une certaine forme d’intimité. On s’est souvent retrouvé en pleine nature pendant plusieurs jours d’affilés sans douche et sans toilettes. Parfois on n’a pas pu laver nos vêtements pendant plus de trois semaines et quand on tourne sur trois tee-shirts différents pour cinq mois de voyage, on en vient vite à sentir le fauve – mais le fauve mignon car je suis une amoureuse avec des paillettes dans les yeux. Mais en règle générale, si tu manques de défaillir dès que tu lèves les bras, ce n’est pas bon signe !

Voyager à deux ne nous empêche pas non plus d’aller vers les autres et de créer des liens avec d’autres voyageurs ou locaux. Au contraire, parfois on a envie et besoin de s’éloigner de notre cocon afin de nous ouvrir aux autres et de partager notre expérience.

EN MANQUE

Lorsque nous arrivons à Salta en Argentine, après deux mois de vadrouille entre le Pérou et la Bolivie, nous avons clairement l’impression de renouer avec la civilisation ou plutôt de retrouver nos repères d’européennes – et des enseignes Carrefour qui fleurissent à tous les coins de rue. Plus nous passons de temps en Argentine, plus cette impression se confirme. A Salta, on se fige devant un petit caviste proposant des planches de fromages à deux pas de notre hostel. C’est limite si les yeux de Célia ne sortent pas de leurs orbites ! Car à ce moment précis du voyage, il n’y a pas un jour où elle ne me parle pas de ses envies de fromages… J’ai bien compris le message, elle est clairement en manque !

AYSEN, LE FLEGME PATAGON

Il parait qu’après sept mois de voyage, un voyageur au long cours ressent le besoin de “se poser” ou plutôt de prendre des vacances, lassé de faire et défaire son sac tous les quatre matins. Pour notre part, nous restons “bloquées” plusieurs jours à Puerto Rio Tranquilo après trois mois de voyage #petitesjoueuses, une bourgade chilienne située sur la Carretera Austral au bord du lac General Carrera. On loge dans une “residencial”, une maison tenue par un couple de chiliens assez âgés. On dort à l’étage dans une chambre avec des lits en dortoir et, encore une fois, l’eau chaude dans la salle de bain commune fait des siennes. Mais ici, la vie est… tranquille. Car jamais un lieu n’a été aussi bien nommé !

La journée, on se livre aux activités outdoor proposées dans la région comme l’ice trekking ou la navigation à la découverte du glacier San Rafael. On s’adonne aussi au kayak et on découvre l’un des super pouvoirs des chiliens : boire du maté en pagayant sur un lac mouvementé. Lorsque la journée s’achève, on fait le tour des trois petites épiceries que compte la ville pour trouver du pain et diverses provisions afin de cuisiner. Puis on regagne la residencial où l’on cuisine sur le vieux poêle qui chauffe l’ensemble de la maison. Je vous l’ai dit : jamais une ville n’a aussi bien porté son nom.

30 ANS AU BOUT DU MONDE

Les chiliens sont tous en retard… Et comme à notre habitude, nous sommes en avance ! Excitées comme deux puces, on grimpe à bord du van de l’agence 99% Aventura. L’un de nos deux guides a des dreads qui lui tombent sur les chevilles. Ça nous hypnotiserait presque ! Et tandis que nous faisons route vers le parc national San Rafael, nos guides se partagent un maté en conduisant. Il nous faut une heure de route avant d’arriver au point de départ de notre randonnée à la découverte du glacier chilien Los Exploradores. Dans notre sac, on porte le matériel prêté par l’agence : crampons, casque et guêtres.

La première partie de notre randonnée est une marche d’approche d’1h30 sur de gros blocs de pierres pas très stables. Plus on progresse dans la moraine et plus le glacier Los Exploradores se dévoile au loin, entrecoupé de reflets bleus. Peu à peu, le sol sous nos pieds change. On avance en prenant de plus en plus de précaution afin de ne pas glisser sur de la glace noire semblable à de la roche. Quand la glace devient trop importante, on chausse nos crampons et place aux instructions. Rapidement, on apprend à se mouvoir, à positionner le poids de notre corps pour monter ou descendre à travers le champs de glace.

La première descente me laisse une petite appréhension mais elle disparait bien vite au profit d’un émerveillement enfantin. Et on s’élance sur le glacier. Les premiers mètres de glace sont sales, recouverts de terre, de pierre et de sable charriés par le vent. Mais peu à peu, la glace se lisse et retrouve une couleur immaculée. On enjambe de petites crevasses remplies d’une eau turquoise jamais vue. On dévale des pentes glacées et on pénètre dans cavernes bleues. Là, il est plus difficile de se déplacer. La glace est tellement lisse qu’il faut appuyer fort sur les crampons pour ne pas déraper tandis que mes doigts glissent le long de la paroi.

Entre midi et deux, on s’installe au beau milieu du champs de glace. Los Exploradores s’étend à perte de vue, sublime et impressionnant à la fois. Mon émotion est forte : c’est la première fois que je découvre un glacier. C’est aussi la réalisation d’un rêve et un cadeau pour mon trentième anniversaire au bout du monde.

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DEUX BILLETS POUR L’ANTARCTIQUE

Arrivées à Ushuaïa, nous avons encore en tête la petite phrase d’Ellen “et pourquoi pas l’Antarctique ?”. Alors comme deux petites fouineuses, nous poussons la porte d’une agence de voyages située sur l’avenue San Martin, la principale artère commerçante de la ville. A vrai dire, ce n’est pas très difficile de dénicher des billets pour le continent blanc car les trois agences qui proposent des croisières affichent des “Last-minute Deals” sur leur devanture. Il faut seulement être flexible, pouvoir partir dans les cinq jours qui suivent et considérablement amputer son budget voyage.

Nous sommes alors à la fin du mois de Novembre et dans à peine plus d’un mois nous retrouvons Paris et nos emplois. Et les offres sont vraiment très alléchantes : jusqu’à 50% de réduction sur des croisières de 11 jours à 21 jours à la découverte des îles Shetland et de la péninsule Antarctique. Alors on fait ce qu’on peut clairement qualifier de folie. Comme Jack Dawson et son billet pour le Titanic, on achète deux places sur un bateau de croisière pour l’Antarctique. Mais c’est l’échec absolu ! Nous n’avons pas anticipé les plafonds – assez bas – de nos comptes bancaires. Nous sommes vendredi. Le départ a lieu lundi… Impossible de transférer suffisamment vite les fonds nécessaires. La mort dans l’âme, et une boule de déception en travers de la gorge, on décide de renoncer et de prendre le bateau pour Puerto Williams afin de boucler le trek des Dents de Navarino.

Mais la chance semble être de notre côté. La veille de notre départ pour le trek, la jeune femme de l’agence de voyages nous recontacte avec une nouvelle offre de dernière minute et un tarif encore plus bas pour l’Antarctique. Mon sang ne fait qu’un tour ! Cette fois-ci, on saute sur l’occasion et on contacte directement notre banque – N26 chérie. Transfert de fonds, ok ! Plafond, ok ! Paiement, ok ! Dans trois jours, nous serons à bord d’un bateau d’expédition pour l’Antarctique.

LE PREMIER ICEBERG

On survit tant bien que mal au Passage de Drake, le bras de mer qui sépare l’Amérique du Sud de l’Antarctique, et à ses conditions météorologiques déplorables… Les vagues mesurent entre 5 et 7 mètres de hauteur. Nos hublots restent constamment fermés. Je dois me tenir à la main courante pour passer d’un niveau à l’autre quand le mal de mer ne me cloue pas au lit comme les 85% des passagers du MS Hebridean Sky. Pour nous distraire de notre agonie, Hannah, la Team Leader de Polar Latitude, nous challenge : “une bouteille de vin offerte à celui ou celle qui trouvera le jour et l’heure où nous apercevrons notre premier iceberg”. Il n’en faut pas plus pour réveiller la compétitrice qui sommeille au fond de Célia. Avec son air faussement naïf, son humour et son sac à vomi dans la main, elle se met en quête d’informations s’attaquant tour-à-tour au Capitaine puis aux membres de l’équipage. Mais sa stratégie se révèle être payante : elle décroche la bouteille en estimant apercevoir notre premier iceberg à 11h55 le troisième jour de notre voyage.

NOËL LOIN DE CHEZ MOI

La famille de Célia nous rejoint pour nos trois dernières semaines de voyage et, accessoirement, pour les fêtes de Noël que nous passons tous ensemble à Bariloche. Notre Noël est assez folklo. Le jour même, le 24 Décembre, nous randonnons à la journée jusqu’au refuge Frey, un magnifique refuge accueillant randonneurs et grimpeurs au pied d’un lac de montagne. Le soir, nous arpentons le centre-ville de Bariloche à la recherche d’un restaurant ouvert. En vain ! Tous les restaurants sont fermés ou carrément complets. On se retrouve finalement dans notre petite cabañas à manger une pizza, renommée “la pizza de Noël” et un gâteau à la crème de citron cuisiné par Célia et moi. Mais Noël correspond aussi pour moi à une grosse période de coup de blues. En mars 2017, mes parents se sont séparés. S’en est suivi une période difficile, tiraillée entre deux parents aux points de vue totalement différents. Cette situation compliquée avait aussi motivé notre départ en voyage au long cours. Mais là, à plus de 12 000 kilomètres de chez moi, le manque de mes proches se fait sentir et, malgré la présence de Célia et de sa famille, je me sens seule comme jamais.

RETOUR EN FRANCE

Buenos Aires signe la fin de notre voyage en Amérique du Sud. On profite de la chaleur et de la torpeur qui règnent dans la capitale argentine pour faire nos adieux à l’Amérique du Sud et tirer un trait sur notre voyage au long cours. On envisage le retour sereinement même si on se serait bien vu continuer encore longtemps comme ça – ou au moins encore 5 mois. J’ai l’impression d’avoir accumulé des années de souvenirs en l’espace de quelques mois et vécu des expériences folles. Ce voyage m’a apporté beaucoup de sérénité et m’a permis de prendre du recul par rapport à mon quotidien et à mes envies à la fois personnelles et professionnelles. J’ai également davantage confiance en moi. Un problème ? Rien de grave. Quoiqu’il se passe, je saurais très bien le gérer ! Maintenant j’en ai la conviction.

Nous sommes rentrées depuis plus de dix mois et pas un seul jour ne passe sans que nous reparlions de ce voyage. Le premier mois est passé à la vitesse de la lumière entre retrouvailles, reprise du travail et recherche d’appartement. Et puis la routine s’est lentement réinstallée dans notre quotidien. L’astuce anti-déprime ? Prévoir des soirées entre amis et de nombreuses escapades ! #conseildesioux Mais on sait d’ores et déjà qu’un jour, nous repartirons à l’aventure ! Tu rêves de partir en voyage ? N’attends plus. Et s’il te faut encore un peu d’inspiration avant de te sentir prêt, je te conseille de regarder le film des Coflocs “Génération Tour du Monde : Le voyage d’une vie”

14 Comments

  • Nous sommes partis plus de 6 mois, et même si ce n’était pas le même continent je me retrouve dans vos mots. Et il n’y a pas un jour durant lequel je ne pense pas à ce voyage, comme il m’a faite évoluer, et comme j’ai envie de repartir à l’aventure. Superbe article !

  • Oh les jolis tampons <3
    Quel beau voyage !
    Nous aussi on planifie, enfin on réfléchit à un "tour des pays qu'on kifferai voir", pas forcément 1 ans, peut-être 5/6/7 mois.
    On sait pas, c'est encore au stade embryonnaire pour l'instant on vit à fond notre vie au Canada 🙂

    Et le projet Éthiopie ça en est où ? 🙂

    • Merci beaucoup Amélie ! Il nous a fallu un bon moment pour mettre ce projet sur pied. Il fallait surtout qu’on se sente prête à le faire passer avant tout. C’est une démarche très personnelle. 🙂
      L’Ethiopie, c’est pour bientôt ! Dans deux petites semaines très exactement mais on est très à l’arrache sur l’organisation de ce séjour ^^’

  • Je viens de prendre une pause au boulot pour lire ton article et admirer chacune de tes photos… Quel voyage. Je ne sais pas quoi dire de plus à part que tu m’a fait voyager le temps de ma lecture et que tu m’a donné encore plus envie de repartir… Merci!

  • Quel beau voyage ! Je découvre votre blog grâce àTwitter et je sens que je vais y repasser régulièrement ! C’est très agréable à lire et vos photos (elles sont magnifiques) me donnent envie d’acheter un billet d’avion direct. Merci, vous l’avez fait rêver !

  • J’ai adoré lire cet article ! Toutes ces anecdotes, vos expériences, ça fait rêver. Je rêve de visiter l’Antarctique, mais je ne vois pas beaucoup de photos ni de récit à part le voyage en bateau, comment c’était ? Est-ce que ça valait le coup ? En tout cas les photos sont magnifiques, et je te rejoins tout à fait sur la conclusion : s’il y a une chose que le voyage m’a appris c’est d’avoir confiance en moi et découvrir que je suis bien plus débrouillarde que je l’imaginais 🙂

    • Salut Sarah ! Les articles sur l’Antarctique vont venir 😀 Je réfléchis beaucoup au format – peut-être que je fais un peu trop dans l’introspection – mais j’aimerais vous embarquer à travers une série d’articles qui aborderont les différentes façons de voyager en Antarctique aujourd’hui, le récit de mon expérience personnelle mais aussi un article plus culturel autour des podcasts à écouter, des récits d’expédition à lire car l’Antarctique a une histoire très riche. Et j’avoue que je traînasse un peu ^^’

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